Institut Belge de Biologie Totale des Êtres Vivants

Les inepties racontées sur la BTEV (2e partie)

lundi 26 janvier 2009 par Administrateur

On trouve de tout sur internet.

Voici la retranscription d’un texte publié en 2004 [1], concernant la médecine nouvelle germanique et la biologie totale des êtres vivants (BTEV).

1. Exposé de l’intervention

En voici la retranscription :
« L’organe atteint dépendra du type de conflit (mal) vécu par le sujet.

o Ainsi le cancer du sein gauche est provoqué par un conflit du nid avec la mère alors que le cancer du sein droit traduit un conflit avec le compagnon ou avec des enfants adultes.

o Le cancer des os trouve son origine dans une profonde dévalorisation.

o Le cancer des testicules ou de la prostate provient de la disparition réelle ou virtuelle d’un enfant.

o Le cancer de la vessie est lié à un conflit de marquage du territoire.

o Le cancer du foie est engendré par une vive rancœur à l’égard d’un proche, à la suite d’une injustice. Il correspond aussi à des problèmes d’argent et de jalousie professionnelle.

o Dans cette médecine c’est la découverte du conflit qui va permettre la guérison véritable. La première décision à prendre est l’arrêt total de tout traitement médical. Selon Hamer la survenue de la maladie correspond à la guérison et rien ne doit être entrepris pour la contrarier. Ou en d’autres termes le déséquilibre intérieur reste invisible jusqu’au moment où les choses commencent à déborder à l’extérieur sous forme de symptômes. Et c’est donc le plus souvent au moment où il faudrait se réjouir que l’on s’inquiète et que l’on appelle le médecin. Ou encore

o la maladie nous apporte l’information que des situations conflictuelles psychologiques sont non résolues .Si nous faisons le choix d’ignorer ces messages, la maladie s’aggravera.

o Hamer a donc été condamné en 1997 à 19 mois de prison ferme par le tribunal de Cologne pour non assistance à personne en danger, exercice illégal de la médecine à la suite du décès de 3 malades du cancer que l’intéressé avait détournés de la médecine traditionnelle.

*Avec le Dr Sabbah, la théorie de Hamer s’est »enrichie« de l’analyse psychogénéalogique. Selon elle c’est par loyauté familiale inconsciente que nous répétons le vécu de nos ancêtres. Ainsi des maux de gorge fréquents proviennent d’un aïeul guillotiné durant la Révolution, 170 ans jour pour jour. Le fait de jouer cet épisode historique en psychodrame fera disparaître tous les symptômes.

Le Dr Sabbah, héritier de Hamer, garde pour l’essentiel le discours de son maître à penser mais se protège habilement de poursuites judiciaires en demandant tout au moins officiellement à son public de ne pas interrompre les traitements sérieux en cours. Le témoignage d’un de ses élèves qui a suivi une formation de 4 jours affirme cependant que Claude Sabbah parle de la médecine classique en des termes très durs. Après avoir assisté personnellement à deux conférences de 3 heures chacune, j’affirme que ce docteur en médecine qui s’est exclu de la profession avant d’être radié, propage un discours subtilement anti-médical. »

2. Commentaires

* 2.1. Première analyse :

L’auteur a apparemment une connaissance très superficielle de la biologie totale des êtres vivants, même s’il a assisté à deux conférences (?). Chacun a le droit d’émettre une opinion, mais ce que cet auteur écrit n’est que ça : une opinion. Que les informations de la BTEV le dérangent, soit, mais il y a des faits incontournables. Il est facile de dénigrer et de tourner en ridicule ; il est beaucoup plus difficile d’avoir l’honnêteté intellectuelle d’ouvrir un dialogue.

Sur cinq maladies différentes qu’il a lui-même choisies comme exemple de conflit biologique, il retranscrit erronément l’énoncé de trois conflits biologiques.
Ainsi il ne tient pas compte de la latéralité alors qu’elle est indispensable à connaître, surtout pour le cancer du sein.

Il confond également des conflits comme celui de la vésicule biliaire et celui du foie ou celui des testicules et celui de la prostate ; plus gravement encore, il omet de préciser que, selon la BTEV, ce ne sont pas les faits en eux-mêmes qui rendent les gens malades, mais le représenté, c’est-à-dire l’interprétation de l’événement que les gens se sont faite dans leur for intérieur (voir également l’article « Les concepts de base de la biologie totale des êtres vivants » : sur le vécu-ressenti).

La version glanée sur internet
1. « Le cancer du sein gauche est provoqué par un conflit du nid avec la mère alors que le cancer du sein droit traduit un conflit avec le compagnon ou des enfants adultes. » Faux.

L’auteur ne fait pas la différence entre une femme gauchère et une femme droitière.

Pour la femme droitière,


- Le conflit biologique du cancer du sein gauche est un « conflit de nid strict » , c’est-à-dire un conflit par rapport à son enfant (réel, virtuel, symbolique, imaginaire)


- Le conflit biologique du cancer du sein droit est un « conflit de nid élargi », c’est-à-dire un conflit par rapport à son mari, son partenaire, ses amis, etc

Pour la femme gauchère,


- Le conflit biologique du cancer du sein gauche est un « conflit de nid élargi »

- Le conflit biologique du cancer du sein droit est un « conflit de nid strict »

Signalons une dernière erreur : le conflit de nid n’est pas un conflit de nid « à la mère ».

2. « Le cancer des os trouve son origine dans une profonde dévalorisation. » Exact.
3. « Le cancer des testicules ou de la prostate provient de la disparition réelle ou virtuelle d’un enfant. » Faux.

L’auteur ne fait pas la différence entre le conflit des testicules et de la prostate.

Le conflit biologique des testicules est un conflit de perte.

Le conflit biologique de la prostate est triple :


- Conflit semi-sexuel, pas propre, hors norme
- Conflit du grand-père qui se tracasse pour ses petits-enfants ou des enfants petits
- Conflit de sur-érotisation

4. « Le cancer de la vessie est lié à un conflit de marquage de territoire. » Exact.
5. « Le cancer du foie est engendré par une vive rancœur à l’égard d’un proche, à la suite d’une injustice. Il correspond aussi à des problèmes d’argent et de jalousie professionnelle. » Faux.

L’auteur ne fait pas la différence entre le conflit de l’hépatocyte et le conflit des voies biliaires intra-hépatiques et extra-hépatiques.

Le conflit biologique de l’hépatocyte est un conflit de manque :


- manque de foi
- manque d’argent
- manque de famille
- manque de nourriture (faim, famine)
- manque à ma propre famille (« si je meurs, je vais manquer à ma famille »)
- manque de respect

Le conflit biologique des voies biliaires (intra et extra-hépatiques) est un conflit de rancœur, qui peut être dû à un proche.

Le conflit biologique du foie n’est pas dû à des « problèmes » d’argent mais à un manque dont celui d’argent.

Le cancer du foie n’est pas dû à des jalousies professionnelles. S’il y a rancœur, ce sont les voies biliaires intra- et extra-hépatiques qui réagissent.

L’endroit de notre corps qui est spécifiquement lié à des injustices est notre 7e vertèbre cervicale (C7).

* 2.2. Deuxième analyse :

L’auteur écrit : « Selon Hamer, la survenue de la maladie correspond à la guérison ». Il ignore qu’il existe des maladies qui apparaissent en phase active de conflit et d’autres en phase de résolution et que certaines maladies – mais pas toutes - apparaissent en phase de guérison [2].

En tenir compte éviterait pourtant de faire des prédictions peu fiables sur l’évolution d’un état de santé et de soumettre le patient au choc lié à l’annonce de la maladie (ce qu’on appelle en biologie totale des êtres vivants le conflit de diagnostic-pronostic) et au représenté qu’il a, dès lors, de son futur. Les phrases mortifères (du type « il vous reste 3 mois à vivre ») n’auraient plus de raison d’être.

Il y a des scientifiques qui passent leur vie en dépensant beaucoup d’énergie et de temps à trouver comment améliorer la communication patient-médecin afin que les patients soient moins traumatisés à l’annonce d’une maladie considérée comme grave (voir l’article « L’annonce d’une mauvaise nouvelle »).

Rappelons que donner un pronostic de survie basé sur des statistiques qui ont été observées sur une population, n’a aucune valeur scientifique sur le pronostic d’une personne qui vient en consultation [3]. Mesurer la taille de tous les enfants d’une école n’a aucune valeur prédictive de la taille d’un enfant de cette école qui rentre dans un cabinet de médecine scolaire...

* 2.3. Troisième analyse :

En écrivant : « Avec le Dr Sabbah, la théorie de Hamer s’est « enrichie » de l’analyse psychogénéalogique. Selon elle c’est par loyauté familiale inconsciente que nous répétons le vécu de nos ancêtres. Ainsi des maux de gorge fréquents proviennent d’un aïeul guillotiné durant la Révolution, 170 ans jour pour jour. Le fait de jouer cet épisode historique en psychodrame fera disparaître tous les symptômes. », il ne se pose pas la bonne question : « est-ce que ce fut opérant pour le patient cité en exemple (réel ou fictif) ? ».

Si le patient guérit grâce à un psychodrame ou parce qu’il a compris ce qu’il avait à comprendre, un médecin honnête ne peut que dire : « je ne comprends pas mais cela a aidé le patient ». Le reconnaître est la seule vraie attitude scientifique [4].

* 2.4. Quatrième analyse :

En écrivant : « Le Dr Sabbah, héritier de Hamer, garde pour l’essentiel le discours de son maître à penser mais se protège habilement de poursuites judiciaires en demandant tout au moins officiellement à son public de ne pas interrompre les traitements sérieux en cours. », l’auteur fait l’amalgame entre les écrits d’HAMER et ceux de Claude SABBAH. Claude SABBAH n’est pas et n’a jamais été l’héritier de HAMER.

Claude SABBAH demande à ses élèves de respecter la médecine et de poursuivre ses traitements médicaux tant qu’on en a besoin et que son médecin traitant juge qu’ils sont nécessaires. C’est dit publiquement et en privé. C’est même ce qu’il faisait lorsqu’il exerçait comme médecin en consultation à Marseille. Il n’a pas de maître à penser.

Toute personne est un jour l’élève de ses professeurs. Va-t-on dire d’un étudiant en médecine qu’il a eu des maîtres à penser en citant ses professeurs ?

* 2.5. Cinquième analyse :

L’auteur cite le témoignage d’un élève qui a suivi une formation de 4 jours seulement et qui affirme que Claude Sabbah parle de la médecine classique « en des termes très durs ».

Quelqu’un qui a suivi le séminaire de base 4 jours seulement (au lieu des 16 jours prévus) peut-il s’improviser censeur de tout un cours ?
Suis-je crédible si je n’écoute pas un cours d’université dans sa totalité pour ensuite critiquer le professeur ?

L’auteur connaît-il ce qu’est un biais statistique ? A-t-il interviewé tous les élèves de Claude SABBAH ?
Peut-on faire passer l’opinion d’une personne pour l’opinion générale ?

Est-ce digne d’un scientifique de critiquer un cours sans l’avoir suivi et sans montrer une véritable connaissance du sujet ? Seule l’expérience est la véritable clé d’approche du réel.

On peut toujours trouver des phrases tirées de leur contexte et leur faire dire n’importe quoi. Tronquer des phrases ou tirer des phrases de leur contexte, c’est la spécialité de certains…

* 2.6. Sixième analyse :

L’auteur écrit : « Après avoir assisté personnellement à deux conférences de 3 heures chacune, j’affirme que ce docteur en médecine qui s’est exclu de la profession avant d’être radié, propage un discours subtilement anti-médical. »

L’information fournie est fausse : Claude SABBAH ne s’est pas exclu de la profession avant d’être radié. Il se garde bien de dire que Claude SABBAH a gagné en appel son procès contre l’Ordre des médecins français et qu’il s’en est omis ensuite parce qu’il se dédie à l’enseignement de la biologie totale des êtres vivants [5]. S’omettre de l’ordre des médecins français pour se dédier à l’enseignement ne signifie pas qu’il s’est exclu de la profession avant d’être radié. Ici encore, l’information est inexacte, tendancieuse et diffamatoire.

Et que penser de celui qui critique la biologie totale des êtres vivants après avoir suivi seulement deux conférences (lors de la rédaction de l’article de 2004) alors que le séminaire de base à lui seul dure 16 jours de cours (+/- 10 heures par jour) ?

Si un professeur d’université spécialisé en épidémiologie raconte que la médecine est responsable de beaucoup de morts iatrogènes [6], sera-t-il lui aussi accusé de tenir un discours subtilement anti-médical ? [7].

Pour conclure, on peut dire que l’analyse est truffée d’erreurs, d’interprétations erronées et d’a priori négatifs évidents. Une fois de plus, chacun a le droit d’émettre son opinion mais pas celui de faire circuler des renseignements sujets à caution. En définitive, il revient aux lecteurs d’utiliser leur sens critique et de faire des recherches pour savoir si ce qu’ils viennent de lire correspond à des informations de qualité ou à de l’intox. A vous de juger.

Voir également l’article « Les inepties racontées sur la biologie totale des êtres vivants (1re partie) ».

Voir également l’article « Les inepties racontées sur la biologie totale des êtres vivants (3e partie) ».

[2L’apparition de la maladie dépend du tissu embryologique dont est issu l’organe, du type de cellule impliquée dans la maladie.

[3Tous les statisticiens le savent.

[4Etre scientifique, c’est être curieux et sceptique. Pas uniquement sceptique.

[5Donner cours toute l’année et assurer des consultations devient impossible sauf si la personne a le don d’ubiquité.

[6C’est-à-dire provoquées par le traitement médical prescrit à la bonne dose.

[7Rien qu’aux Etats-Unis, les évaluations de morts iatrogènes parlent de minimum 280.000 morts par an, soit un avion de 760 passagers, morts par jour à cause du traitement appliqué à la bonne dose.


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