Institut Belge de Biologie Totale des Êtres Vivants

Concepts de base de la biologie totale des êtres vivants (BTEV)

dimanche 3 décembre 2006 par Administrateur

Il existe de nombreux concepts de base nécessaires à connaître pour comprendre la biologie totale des êtres vivants :

- la notion de conflit biologique
- la notion de stress
- la notion de vécu-ressenti
- la notion des quatre touches du piano de la biologie
- les conditions à la guérison
- la notion de « bascule »
- la notion d’occultation et la mini-maxi-schizophrénie
- la notion de conflit de diagnostic-pronostic
- la notion de conflit biologique invariant

1. Le conflit biologique

La notion de « conflit biologique » (conflictus en latin = choc) peut se définir comme un « choc qui se traduit dans la biologie », c’est-à-dire qu’il emprunte les voies biochimiques, endocriniennes, neuronales, physiologiques et anatomiques. Ainsi, le conflit biologique est « une parole dans le corps à la suite d’un choc ».

Pour Claude SABBAH, tant que le choc est à un niveau psychologique, le conflit n’est pas biologique. Mais dès que le seuil de stress est dépassé ou/et que le stress est un surstress permanent, le conflit descend dans la biologie. Le conflit devient biologique à ce moment-là.

Il ne descend pas au hasard dans le corps : il est en relation avec la tonalité du stress de la personne et la fonction de l’organe, l’anatomie, etc.

Dire et rapporter que l’on dit en biologie totale que la maladie résulte d’un choc psychologique (comme rapporté sur des sites ou par certains critiques) est une erreur grossière : en biologie totale, on dit que la maladie résulte d’un choc biologique (conflictus en latin = choc), que l’on appelle « conflit biologique ».

2. Le stress

Hans SELYE définit le stress comme une « réponse non spécifique de l’organisme à toute sollicitation » [1] . Le corps répond à toute demande qui lui est faite et cette réponse se manifeste par des changements biologiques mesurables tels que la concentration dans le sang de certaines hormones« qu’il appelle »les hormones de stress" (ACTH, corticoïdes, catécholamines (adrénaline et noradrénaline), etc.).

Au départ, SELYE a repris ce terme de « stress » de la mécanique des matériaux : le stress en biomécanique est une interaction entre une force et la résistance qu’a ce matériau. Peu importe si c’est une machine ou un homme qui tire sur ce matériau. D’où le terme de non spécifique.

Dans son livre « Le stress de ma vie » [2], Hans SELYE raconte qu’il avait un réticulosarcome depuis deux ans. Il fut opéré. Au lieu de s’abattre, il s’est proposé de s’appliquer ses théories sur le stress.

Il put vivre plus longtemps que ce que la médecine de son époque ne lui proposait. Il mourut en 1982, soit plus de huit ans après le diagnostic de sa maladie.

La notion de stress est centrale en biologie totale des êtres vivants (BTEV), puisque la maladie est considérée comme étant la solution parfaite du cerveau pour éliminer un état de surstress de l’organisme. Par la maladie, elle oblige l’organisme à revenir à un niveau de stress intermédiaire, davantage compatible avec la vie qu’un état de surstress.

3. Le vécu / ressenti

La BTEV met l’accent sur la tonalité affective dans laquelle sont ressentis les événements vécus. Face au même phénomène, les interprétations que l’on en fait peuvent être radicalement différentes d’un sujet à l’autre.

Ce n’est pas l’évènement en lui-même qui nous ennuie ou nous rend malade, mais son interprétation. Ainsi, le praticien en BTEV cherche à retrouver comment le patient a vécu et ressenti l’évènement qui l’a choqué, la manière dont il l’a interprété. A ce titre, on peut citer l’exemple de personnes en thérapie qui guérissent en ré-interprétant autrement l’évènement dramatique qu’ils ont vécu.

Pour illustrer cette notion de vécu/ressenti, on peut prendre l’exemple du décès d’un proche : ce décès vécu peut être ressenti comme une « séparation », « une perte », un « abandon », une « perte de territoire », un « soulagement », etc. ou encore un autre ressenti, selon les individus.

Le même évènement vécu peut provoquer des ressentis différents et donc différentes maladies peuvent en résulter.

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Cascade de vécu-ressenti

Le praticien en BTEV devra à partir de la maladie retrouver l’évènement douloureux pour la personne. Malgré le fait que, parfois, l’évènement dramatique ne peut pas être changé, son interprétation (= c’est-à-dire la conclusion que les gens ont retirée d’un événement particulier), peut être changée.

Pour la BTEV, ce changement de regard (qui est l’équivalent d’un deuil) peut amener à la déprogrammation du conflit initial générateur de la maladie, et à une guérison.

4. Les quatres touches du piano de la biologie

En observant les processus biologiques, on peut dire qu’il existe globalement quatre possibilités réactionnelles :

- soit faire de la masse (par exemple : des verrues, etc.)
- soit faire de l’ulcère (par exemple : un ulcère gastrique ou cutané)
- soit bloquer
- soit débloquer

5. Les conditions de la guérison

Pour guérir, il suffit de répondre à deux conditions :

- solutionner le conflit : soit en pratique soit en dépassement
- balayer le doute

5.1. Solutionner le conflit

On peut solutionner de deux manières : soit en pratique soit en dépassement.

Par exemple, une gazelle est poursuivie par une lionne. Elle ne peut solutionner que d’une manière pratique le fait d’éviter le lionne. C’est une « solution pratique d’évitement ». Dans le monde animal, il n’existe que des « solutions pratiques d’évitement ».

Un autre exemple, je suis mordu par un chien. J’évite tous les chiens de la terre. C’est aussi une « solution pratique d’évitement ».

En revanche, si toutes les fois suivantes que je vois un autre chien, je le caresse, une fois, deux fois, ..., mille fois. J’aurai caressé mille chiens et été mordu une fois par un chien. L’expérience « être mordu par un chien » devient une anecdote et j’ai dépassé ma peur d’être mordu. C’est une « solution de dépassement ».

Une autre solution de dépassement en médecine humaine c’est le travail de « deuil » : nous ne pouvons pas faire ressusciter l’être cher. Nous ne pouvons passer que par une solution de dépassement.

5.2. Balayer le doute

Il existe 4 niveaux de doute :

a) Toute connaissance est un système. Mettre du doute dans un système de connaissances peut empêcher une guérison. C’est le doute du système.

b) La personne peut rencontrer une personne qui a guéri de la même maladie qu’elle. Mais elle se dit « Je n’y arriverai pas ». C’est le doute de soi.

c) La personne croit que sa maladie est plus grave qu’une autre. Elle doute de la gravité non-nulle de sa maladie. D’un certain point de vue, elles ne sont pas plus graves l’une de l’autre. Elles sont toutes des programmes.

d) L’espoir : quand il y a de l’espoir, cela laisse sous-entendre qu’il y a encore un doute. L’espoir n’a jamais fait guérir. C’est la certitude absolue que la personne s’envoie à elle-même qui guérit.

6. La bascule

La bascule peut se définir comme « l’apparition dans la biologie de la guérison avec le cortège des réactions qui se succèdent après une prise de conscience du conflit : pleurs, crises de larmes, fous rires, tremblements du corps, etc. »

Le concept le plus proche en psychanalyse est l’abréaction qui se définit comme « l’apparition dans le champ de la conscience d’un affect jusque-là refoulé. Lorsque l’affect et la verbalisation du souvenir font irruption en même temps dans la conscience, l’abréaction se produit et se manifeste par des gestes et des paroles explicitant ces affects » [3].

7. L’occultation et la mini-maxi-schizophrénie

L’occultation est le « fait inconscient de la part de la personne de cacher, d’oublier un événement, un choc ».

Cette occultation peut se faire sur un ou plusieurs sens (vue, goût, odorat, toucher, audition).

Parfois même cette occultation est centrée sur « un fait particulier » et est « maximale » pour ce fait tout en permettant à la personne de vivre dans son quotidien.

Par exemple, la personne ne peut entendre le mot « abeille » parce qu’il a un souvenir pénible qui se cache derrière. Il y a une occultation minime (dans l’exemple : pour un mot) mais maximale à un endroit précis (pour l’affect caché).

Schéma pour illustrer le concept de mini bandes d'occultation maximale (mMS)

Si l’occultation est maximale à certains endroits sur des petites bandes de non-perception, on parle en BTEV de « mini-maxi-schizophrénie » (mMS).

La mini-maxi-schizophrénie peut se résumer en « une mini-bande d’occultation maximale ».

Pour les praticiens en BTEV, la fonction de la mMS est perçue comme un mécanisme protecteur mis en place inconsciemment par la personne.

8. Le conflit de diagnostic-pronostic

Le conflit de diagnostic-pronostic peut se définir par un « choc (conflictus en latin = choc) subi par le patient lors de l’annonce (par quelque moyen qui soit) d’un diagnostic qui entraîne un auto-pronostic négatif que le patient se fait « dans sa tête », dans son for intérieur ».

Signalons au passage que ce n’est pas le diagnostic de la maladie qui aggrave la maladie mais la représentation que se fait la personne de la gravité de sa maladie qui aggrave la maladie. Par exemple, si un médecin dit à une personne « Vous avez une angine », il est peu probable que la personne voie sa maladie aggravée. En revanche, si le même médecin dit à la personne : « Vous avez un cancer de la gorge » et qu’en plus, il lui dit qu’il n’a plus que « x temps à vivre », il est hautement probable que ce message devienne mortifère dans le représenté du patient.

L’équivalent dans la littérature a des terminologies différentes : « réalisation automatique des prédictions », « prophétie auto-réalisée » (en psychanalyse), effet pygmalion (à l’école) [4], « prophétie créatrice », « résultat de l’attente », self-fullfilling prophecies.

En médecine, deux concepts très proches du conflit de diagnostic-pronostic sont l’« effet nocebo » (nocebo en latin = je nuirai) et l’« annonce de mauvaises nouvelles (bad news) ».

Comme autre définition opérationnelle, le conflit de diagnostic-pronostic peut également se définir comme « un effet nocebo à la suite d’une mauvaise nouvelle ».

Citons deux exemples provenant de la littérature : celui d’Anne ANCELIN SCHÜTZENBERGER [5] et celui de WATZLAWICK (le cas « Moribondus ») [6].

8.1. Le cas relaté par Anne ANCELIN SCHÜTZENBERGER :

“C’était une de mes premières malades et j’ai commis là une de mes premières erreurs : il s’agissait du pouvoir médical, du pouvoir des statistiques et du pouvoir des mots.

Lorsque j’ai revu cette femme qui avait un cancer terminal, trois mois après, allant bien, je lui ai dit : “ C’est extraordinaire, j’espère que vous êtes contente ! ”. Elle m’a répondu : “ Je suis contente ! ”. J’ai répliqué : “ Avez-vous dit à votre médecin que nous avons travaillé ensemble ? ”. Elle m’a répondu “ Je n’ai pas osé ! ”. Cela se passait à l’étranger. J’ai pensé, à tort, que son médecin devait être mis au courant, à la fois pour qu’il continue à la suivre, elle (on doit toujours être vigilant avec le cancer, même le cancer stabilisé ou soi-disant guéri, ou apparemment guéri) et pour qu’il puisse donner cette même chance à d’autres malades, en utilisant une série de traitements adjuvants, dont l’approche Simonton. Elle m’a emmenée au centre anticancéreux de la ville où elle demeurait. J’ai demandé, en sa présence à son médecin : “ Monsieur, madame T. dit que ses métastases ont disparu ; est-ce vrai ? ”. Il m’a répondu : “ Oui, je vous montre le dossier ”. Je lui ai proposé : “ Ne voulez-vous pas, monsieur, que nous fassions un article commun pour publier cela ? ”. Il m’a répondu : “ Madame, ce que je peux dire, c’est que c’est un miracle incompréhensible de la médecine ! Des cas comme celui-ci, je n’en ai jamais vus des guéris, donc je pense qu’elle va rechuter ! ”. Elle était là ; elle a entendu ; elle a rechuté huit jours après … et elle est morte.

(…)

C’est ce que nous appelons la réalisation automatique des prédictions : s’il ne lui avait pas “ prédit la mort ”, peut-être que sa rémission aurait duré. Les travaux du sociologue Robert Merton sur la prédiction destructrice [7], reprenant ceux du XIXè siècle de John Venn sur la prophétie suicide, sont peu ou pas connus des médecins, qui ignorent souvent l’effet de ce qu’ils pensent, ou laissent deviner, sur l’évolution de leurs malades. ” Vouloir guérir, Anne ANCELIN SCHÜTZENBERGER (pp. 22-23)

2. Le cas de Moribondus relaté par Paul WATZLAWICK :

« Les prédictions qui se vérifient d’elles-mêmes semblent renverser complètement les lois fondamentales de la réalité : ce que l’on prend pour un effet engendre des causes concrètes, le futur (et non le passé) détermine le présent. La prédiction de l’évènement mène à la réalisation de la prédiction. Un cas fondé sur un malentendu salutaire, décrit (malheureusement trop peu) par Gordon Allport [8], montre combien l’hypothétique de la prédiction n’a à proprement parler aucune importance :

Dans un hôpital de province autrichien, un homme est gravement malade ; il est en fait en train de mourir. L’équipe médicale lui a franchement dit qu’elle ne pouvait diagnostiquer sa maladie, mais que, si elle y parvenait, elle pourrait probablement le soigner. Les médecins ont ajouté qu’un célèbre diagnostiqueur allait bientôt venir à l’hôpital et qu’il serait peut-être en mesure d’identifier sa maladie.

Quelques jours plus tard, le diagnostiqueur arrive à l’hôpital et visite les malades. Au chevet de l’homme en question, il le regarde à peine, murmure et s’en va. Quelques années plus tard, le patient se présente au diagnostiqueur et lui dit « Je voulais depuis longtemps vous remercier pour votre diagnostic. Les médecins m’avaient dit que je ne pourrais m’en tirer que si vous parveniez à identifier ma maladie. Et dès que vous avez dit « moribundus », j’ai su que je guérirais. ».

Pour le conseiller en biologie totale des êtres, il est capital de repérer les moments de la vie où le patient a subi des conflits de diagnostic-pronostic. Afin d’inverser le processus et d’aider les patients dans leur guérison.

9. Le conflit biologique invariant

Les vécus des patients sont chaque fois différents mais leurs conflits biologiques sont invariants : par exemple, toutes les personnes ayant (ou ayant eu) un infarctus du myocarde ont tous eu une « perte de territoire ».

Chaque consultant a une histoire différente : l’un a perdu son travail, l’autre a eu sa femme qui est partie, etc.

Mais toutes ces histoires peuvent se résumer par une « étiquette » commune à toutes les personnes avec la même maladie. L’étiquette commune à tous les personnes avec un infarctus du myocarde est un « conflit de perte de territoire ».

Ce conflit biologique étant invariant, c’est pourquoi on parle de « conflit biologique invariant ».

Pour le lecteur internaute, un autre article sur le site donne plus d’exemples de conflits biologiques invariants (tableau synoptique de maladies avec leurs conflits correspondants et quelques exemples de vécus rencontrés en consultation).

[1Hans SELYE, Le stress de la vie - le problème de l’adaptation, éd. GALLIMARD, 1975, préface p. XI

[2Hans SELYE, Le stress de ma vie, éd. STANKE, 1976, pp. 74 et suivantes (ISBN 0-88566-016-1)

[3in Robert CHEMAMA et Bernard VANDERMERSCH, Dictionnaire de psychanalyse, éd. LAROUSSE, 2002 (ISBN 2-7441-5115-7)

[4Robert A. ROSENTHAL & Lenore JACOBSON, Pygmalion à l’école, éd. CASTERMAN, 1978 (ISBN 2-203-20207-6)

[5Anne ANCELIN SCHÜTZENBERGER, Vouloir guérir, éd. DESCLEE DE BROUWER, 1993, pp. 22-23

[6Paul WATZLAWICK, Les cheveux du Baron Münchausen, éd. SEUIL, 1991, p. 140

[7La prédiction destructrice in Robert MERTON, Eléments de théorie et de méthode sociologique, éd. PLON, Paris, 1955, p. 162.

[8Référence [3] du livre de Paul WATZLAWICK : ALLPORT G.W. « Mental health : a generic attitude », in Journal of religion and health, n°4, 1964, p. 69.


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